Accueil du site Magazine Sports L’esprit d’équipe : la magie victorieuse d’un groupe

Le 30 janvier dernier, l’équipe de France de Handball remportait le championnat du monde pour la 4ème fois. Fait exceptionnel puisqu’elle est l'actuelle détentrice des titres olympique (2008), mondial (2009 et 2011) et européen (2010), ce qui est unique dans l'histoire du handball masculin.

 

Mais d’où vient sa force, son « feu guerrier », sa simplicité de jeu, son enthousiasme ? Très certainement d’une alchimie au cœur du groupe (joueurs et entraîneurs) qui conduit l’équipe vers la victoire. Cette alchimie porte un nom : l’esprit d’équipe ! Mais alors quelle est la recette, la formule magique pour que l’esprit d’équipe se fasse ? Voilà la question que je me suis posé …

 




L’argent et l’orgueil, 2 grains de sable
 

« C’est ça le plus difficile dans le football, pourquoi il y a des équipes qui pendant 3, 4 ans vont tout gagner et tout d’un coup ça s’écroule alors que c’est les même joueurs ? Parce que ça, cette alchimie là, c’est ce qu’il y a de plus dur à trouver, ce relationnel entre les joueurs. La gestion de groupe ça peut très bien se passer pendant un an, pendant une durée de 2 mois et puis il y a un petit grain de sable qui vient foutre le bordel. Il faut toujours être vigilent, c’est un équilibre instable incroyable. » (Bixente Lizarazu)


L’argent est le 1er « grain de sable » ! Il suffit de voir, dans certains sports de haut niveau, les primes de victoires démesurées à faire tourner la tête des joueurs, les « mallettes à billets » pour les matchs truqués, etc… N’achète-on pas des joueurs comme de la marchandise ? Mais l’équipe est tout sauf un assemblage de marchandises !... Même au niveau régional l’argent est présent, exemple : un joueur de football en division régional se retrouve devant deux défenseurs et le gardien de but, à sa droite un coéquipier seul devant le but. Que va faire le porteur de balle sachant que s’il marque il empochera 30 euros ? Prendre un risque et tirer ou faire une passe et laisser son partenaire encaisser l’argent ?... Et bien ce questionnement est le témoignage réel d’un joueur qui s’est vu confronter à cette situation plus d’une fois !

 

Et le 2ème grain de sable c’est l’orgueil.. Beaucoup de joueurs tentent de briller, quitte à éclipser ses partenaires. D’ailleurs, on retrouve dans tous les sports collectifs une élection de « joueur ou joueuse du match » (MVP au basket américain), créé par les journalistes, ce qui n’aide certainement pas à fonder l’esprit d’équipe. On retrouve aussi cet orgueil dans le sport amateur à travers cette fameuse exclamation : « tu joues perso !... ». Mais le joueur « perso » se contre-fiche de ces remarques puisqu’il est dans son rêve de final de coupe du monde…


La confiance, le ciment de fondation pour l’esprit d’équipe

 

« La confiance est le ciment invisible qui conduit une équipe à gagner. » (Bud Wilkinson)
Quand l’esprit d’équipe est présent, les relations entre joueurs ne sont pas superficielles, il y a une véritable amitié entre tous. Et de cette amitié naît la confiance entre joueurs. Cette confiance est perceptible entre les joueurs sur le terrain et se traduit par des moments de « télépathie ». Par exemple sans même le voir, un joueur sera capable de prévoir le déplacement futur de son coéquipier et de réaliser « une passe aveugle ».

 

Autre signe de confiance entre joueurs : donner un surnom à l’équipe ! Et à ce jeu, les handballeurs français sont les champions ! Voici leurs surnoms : les Bronzés (1992), les Barjots (1993-1996), les Costauds (2001-2008) et les Experts (depuis 2008). Or depuis 1992, l’équipe de France de handball a disputé 8 finales internationales et n’en a perdu qu’une !

 

A ce même titre, dans l’épopée de la coupe du monde de football en 1998, qui n’a pas retenu la célèbre chanson « I will survive » ? A chaque victoire l’équipe la chantait comme symbole d’union entre joueurs.


L’esprit d’équipe, une responsabilité collective
 

Dans une équipe chacun à sa place, chacun à son rôle. En voile par exemple, on trouve le plagiste, le régleur, le grinder, le barreur, le navigateur et j’en passe. En volley-ball, il y a le passeur, le libero, le pointu, le contreur central… Chaque individu joue un poste en fonction de ses qualités. Et de ce poste, il en est le responsable. Seulement cette responsabilité individuelle ne suffit pas. Placer les meilleurs joueurs du monde dans une seule équipe ne fait pas de celle-ci la plus forte. Une équipe avec des joueurs moins exceptionnels mais ayant une cohésion de groupe phénoménale mettra en pièces la « dream team ».

 

Pour que l’esprit d’équipe se fasse, une autre responsabilité s’ajoute aux joueurs : apporter un état d’esprit gagnant à ses partenaires. « La gagne, c’est la mentalité, c’est le groupe, c’est la solidarité, c’est la générosité. La gagne, ça va se chercher, ça ne vient pas tout seul, on la provoque ou on la stimule. C’est pour ça qu’il faut avoir beaucoup d’intensité. Mettez de l’intensité ! » (Aimé Jacquet). Avec l’esprit d’équipe, le collectif de joueur est meilleur que la simple somme des joueurs qui composent l’équipe !


Le coach, le chef d’orchestre de l’équipe
 

Si l’équipe de France de Handball a atteint un tel niveau mondial, c’est peut-être aussi grâce au travail de leur sélectionneur-entraîneur. Depuis 1985, cette équipe n’a connu que 2 sélectionneurs : Daniel Costantini de 1985 à 2001 et Claude Onesta depuis 2001. Ce travail dans le temps, dans la persévérance, a sûrement permis d’accorder les joueurs tel des notes d’un piano afin d’harmoniser leur jeu et de créer une musique victorieuse ! D’autres sélectionneurs se sont distingués dans ces rôles : Yannick Noah, Gui Forget, Aimé Jacquet… Ces hommes portaient des discours qui dépassaient la simple dimension sportive.

« Dans le menu qui nous est proposé, je peux vous garantir qu’il va falloir est costaud et solidaire. Parce qu’on va en subir des chocs, des émotions… Mais quel beau truc à vivre, quel beau truc à vivre !... Je voudrais que dans cette montée en puissance, vous soyez tous conscients de cette situation que vous allez vivre. Ce sera un moment pour vous, je l’espère, inoubliable dans votre vie.  » (Aimé Jacquet)

Et vous, pour quelle équipe jouez-vous ?

 

William Gravrerand