Accueil du site Magazine Cinéma DVD Iron man 2, un héros en fer (non) inoxydable !

Comme beaucoup de fans, je piaffais d’impatience en attendant la suite. Mais Iron Man 2 globalement, n’égale pas son prédécesseur. On peut peut-être expliquer cette baisse de qualité dans le fait que cette suite est un film de transition avant Iron Man 3 prévu pour 2012.

 


Nous retrouvons notre héros au moment où la technologie donnant vie à Iron man, empoisonne lentement Tony Stark (Robert Donney Jr, toujours aussi excellent), il se meurt. Le gouvernement américain quant à lui, proclame que les composantes du super-héros sont réservées uniquement à l'usage de l'armée. Pendant ce temps, Ivan Vanco (Mickey Rourke, convainquant), un ingénieur russe dangereusement compétent et dégénéré, revendique la paternité de l’énergie. Ivre de vengeance, il se dote d’une technologie infernale et se lie à Justin Hammer (Sam Rokwell, inimitable), un promoteur d’armes de guerre, tiré à 4 épingles, fourbe et ambitieux.

 


J’y suis allée confiante, persuadée de retrouver cet homme combatif, empli d’un sincère repentir, qui a su toucher mon cœur. Vous en connaissez beaucoup des industriels multimilliardaires, marchands d’armes, hyper-mégalos et beaux de surcroît, qui seraient capables de remettre la totalité de leur vie en question, juste parce qu’ils prennent conscience de leur immoralité, bouleversés par la souffrance des autres ? Tony Stark oui, et il revient de loin. Mais dans cette suite, où est passé notre super-héros ?



Par exemple, on pourrait croire que Tony vit une touchante réconciliation avec son passé. Oui, papa l’aimait et lui prouve sa confiance, en lui léguant, à titre posthume, un fabuleux héritage, dont la clé d’une nouvelle-puissante-énergie qui va le sauver d’une mort certaine. On comprend d’où lui vient sa soif de reconnaissance sans borne qui se manifeste par un orgueil flamboyant. Il souffre et on compatit. Mais il devait souffrir aussi dans le premier film, ce qui ne l’a pas empêché de détruire le « monstre » qu’il avait lui-même créé ! De plus, tout mourant qu’il est, il ne se pose pas la moindre question existentielle et attend passivement un miracle qui pourrait le sauver ! Lui qui, au premier film avait gagné ses gallons de héros en déployant des forces de transformation telles, que j’en fus toute retournée.



Heureusement, Tony est quand même verni, car sa secrétaire est présente à ses côtés. En effet, j’ai une tendresse toute particulière pour Miss Pepper Potts (Gwyneth Paltrow, droite dans ses talons). Pour moi, elle est comme son ange gardien qui veille au bien, tout en lui laissant une totale liberté. Il n’y a pas une once de séduction en elle. Elle est sa conscience vertueuse, elle le guide dans ses choix et l’aide à tempérer ses excès. Il le sait et lui fait une confiance absolue. Je trouve quelle nous dévoile un beau modèle féminin, qui par sa noblesse protectrice, distille de la douceur dans ce monde bourré de testostérone, de ferraille et de technologie. Sa présence sauve à moitié le film.



De plus, Tony-Iron man, doit se confronter à de vrais méchants, diaboliques et radicalement opposés, pour lui secouer le cocotier. Yvan Vanco avec ses dents en or et tout son être gorgé de violence haineuse et Justin Hammer, virtuose de la manipulation en col blanc, tout deux extrêmement doués pour la stratégie machiavélique. En effet, ne sont-ce pas les vrais méchants qui font que le héros est un héros ? N’est ce pas face à la pire adversité, que nous pouvons déployer nos forces et mettre tout en œuvre pour nous surpasser et devenir meilleurs ?

 


Ainsi Tony Stark, réveillé par sa confrontation violente avec Yvan, s’extirpe un peu de son nombril pour défendre autre chose que lui-même, mais devient-il meilleur pour cela ? Non, il nous livre là le minimum de son potentiel.
Certes, il se bat pour éviter que les méchants ne s’emparent d’une technologie puissante, ce qui est la moindre des choses, mais j’aurai aimé qu’il aille plus loin, car dans cette histoire, point de réflexion ni de remise en question ! L’encéphalogramme reste plat.



Si les effets spéciaux et les combats titanesques nous en mettent plein la vue, notre homme de fer semble hélas rentrer dans le rang, ce que je trouve très décevant.



Espérons que la suite ne sera pas « ni fait ni à fer » et que les scénaristes seront suffisamment inspirés pour redonner ses lettres de noblesse à notre héros, qui a bien faillit rater la marche. Reviens-nous Tonyyy !



Nadia Abès