
Une interview de Pierre Lassalle réalisée par Céline Divoor.
En s’appuyant sur l’expérience de son propre cheminement, Pierre Lassalle “dépoussière” l’image de la spiritualité et décrit le chercheur spirituel comme un créateur moderne et fraternel. Les réponses qu’il donne sont simples et profondes.
Pierre Lassalle est l'auteur de plus de vingt-cinq ouvrages sur l'astrologie et la spiritualité, et ses lecteurs lui ont souvent posé des questions, autant sur lui-même que sur la spécificité de son enseignement. Nous avons invité l'écrivain à se prêter au jeu de l'interview afin que ses réponses soient accessibles à tous. Qui est l'être humain ? Qu'est-ce qu'un enseignement spirituel à notre époque ? Pourquoi un cheminement spirituel occidental pour évoluer aujourd'hui ? Pourquoi le Christ est-il universel ? Qu'est-ce que le mal ? Pourquoi le bien transcende-t-il le mal ? Quel regard peut-on porter sur la société actuelle ? Qu'est-ce que la moralité au XXIème siècle ? Pourquoi l'évolution spirituelle peut-elle aider à guérir l'humanité et la Terre ? Qu'est-ce que l'ère du Verseau ? Comment pouvons-nous aborder le futur avec espérance ? ... En s'appuyant sur l'expérience de son propre cheminement, le fruit de ses recherches et la créativité qu'il a révélée, Pierre Lassalle “dépoussière” l'image de la spiritualité et décrit le chercheur spirituel comme un créateur, moderne et fraternel. Et, comme complément au jeu des questions-réponses, il attire l'attention du lecteur sur l'importance du questionnement : “je me pose toujours la question “Pourquoi ?”, afin de comprendre moi-même où est la vérité. Là commence la liberté et elle repose sur l'effort de pensée”. Pour vous, cher lecteur, cette rencontre avec Pierre Lassalle est donc l'opportunité de recevoir des réponses à la fois simples et profondes mais aussi de prendre celles-ci comme base pour développer votre propre questionnement et devenir créateur.
Voici quelques extraits de ce livre :
"On dit souvent que nous sommes dans une société de progrès ; êtes-vous d'accord avec cela ?"
Le progrès est en effet un des grands mythes de notre époque et il est lié presque exclusivement à la science. Le problème c'est que les scientifiques inventent toutes sortes de choses, mais ils ne veulent absolument pas en être responsables, ils disent que la dimension morale ne les regarde pas. Ils inventent et créent un peu tout et n'importe quoi. Tout ceci est récupéré après par les économistes qui se disent que la dimension morale ne les regarde pas non plus, mais qu'ils sont là pour gagner un maximum d'argent.
L'individu, lui, est considéré comme un consommateur qui est là pour acheter ce qui a été inventé par les scientifiques et fabriqué par les économistes ; il faut donc tout faire pour qu'il achète et c'est là qu'intervient la publicité qui conditionne l'être humain, lui lave le cerveau et le manipule mentalement dans tous les sens pour qu'il finisse par acheter. On aboutit au fait que c'est le "quidam" de la rue qui devrait se poser la question morale : Est-ce bien raisonnable d'acheter cette chose-là ? Est-ce vraiment un bien pour moi, pour l'humanité, la Terre, la société ?". Mais il est tellement manipulé, trituré dans tous les sens, on lui ressasse tellement qu'il a impérativement besoin de tel objet, - sinon il est un ringard - que, bien évidemment, la question morale lui passe largement au-dessus des oreilles et qu'il se contente d'acheter ! On appelle cela le progrès, car toute chose nouvelle est un progrès, et si c'est un progrès, c'est forcément un bien pour l'être humain ! C'est cette croyance immorale qui a mis la Terre dans l'état pitoyable qu'on connaît !
Le plus gros exemple dont il ne faut surtout pas parler et que personne ne veut voir en face, c'est le pétrole qui donne l'essence pour les voitures : la voiture individuelle est la plus grosse source de pollution (et de très loin) sur la planète, et c'est ce qui détruit le plus la Terre. Or, il y a quantité de scientifiques indépendants qui ont découvert toutes sortes de moyens pour propulser nos chères voitures ! Mais le problème, c'est que cela ne rapporte pas assez d'argent, donc c'est rejeté par les économistes ; et comme c'est l'économie qui dirige, cela ne voit pas le jour. C'est cela que j'appelle "immoral", car si nous avons des sources d'énergie non polluantes, nous devrions les utiliser ; nous aurions quand même nos voitures, mais elles ne pollueraient pas la Terre. Or, là, nous avons des voitures très dangereuses pour l'avenir proche de l'humanité mais, sous prétexte que le pétrole est ce qui rapporte le plus en tant que source d'énergie, il n'y a pas d'autres énergies possibles. C'est immoral, car ce n'est un bien ni pour l'être humain individuel, ni pour le collectif, ni pour la Terre.
Si le progrès ne se situe pas dans les interventions, où se situe-t-il alors ? Est-ce qu'il se situe justement dans l'inclusion de la moralité à la nouveauté ?
Oui, c'est cela : il ne faudrait pas croire d'après ce que je dis là que je suis contre la science ou l'économie ; je ne suis ni pour ni contre, car tout dépend de ce qu'on fait d'elles. Dans le processus actuel, ni les scientifiques ni les économistes ne veulent s'occuper de moralité et ils reportent toute la responsabilité de ce qui est créé et produit, sur l'être humain moyen.
Cependant, on se garde bien d'apprendre à ce dernier comment être moral, donc il ne sait pas trop quoi faire : il est alléché par un tas de choses, on lui fait miroiter de multiples bonheurs, et c'est cela qui n'est pas juste ! Ce que je trouverais plus correct, ce serait qu'à chaque niveau il y ait une moralité qui soit présente : quand les scientifiques inventent certaines choses, qu'ils se posent la question de savoir si c'est valable ou non, si c'est bien raisonnable d'avoir créé cela ou pas et, si ça ne l'est pas, on le détruit aussitôt ! Même au niveau de la recherche, il y en a qui sont immorales à la base, donc elles ne devraient même pas être entamées !
Quant à l'économie, on la dit "libérale", cela veut dire que la liberté c'est de vendre tout ce qu'on veut à n'importe qui, et peu importe les conséquences ! Cela c'est immoral !
La vraie liberté, c'est que j'ai ma liberté, mais que je tiens compte aussi de celle des autres. Même si cela me plairait d'assassiner mon voisin, je ne vais quand même pas le faire ! C'est immoral. Ma vision de cela serait que la moralité et l'éthique comme on l'appelle parfois aussi, existent au niveau de la science et de l'économie ; si chacun s'en préoccupait, le monde fonctionnerait différemment et là, il y aurait un vrai progrès. En fait, il faut que ce progrès existe pour l'être humain, or là on se demande pour qui il est ; il est juste pour une poignée de gens qui gagnent un maximum d'argent avec ce système, et il amène à la destruction partout et à la souffrance de tous les êtres humains : c'est cela qui est immoral. Le vrai progrès pour moi est un progrès qui intègre une dimension de fraternité, de liberté certes, mais en respectant la liberté des autres, en étant plus inclusif.
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