
Attention, la fin du monde annoncée par le calendrier Maya pour le 21 décembre 2012 est au rendez-vous ! Mesdames et messieurs attachez vos ceintures ! Pendant 2H40, vous allez assister à un enchaînement de catastrophes sans précédent vous emmenant aux 4 coins d’une planète vivant une transformation aussi radicale que destructrice. Tremblements de terre, éruptions volcaniques et tsunamis se succèdent sans relâche. C’est LE film catastrophe par excellence.
Mais malgré des effets spéciaux saisissants et un spectacle visuel qui nous tient en haleine, ce film reste étonnamment creux. Il ne délivre aucun message profond. Il se contente de surfer sur la vague 2012 et ne propose qu’une vision extérieure et catastrophique des choses. L’emballage est certes impressionnant, mais demeure totalement vide.
Le scénario propose trop de situations invraisemblables à des personnages inconsistants qui à aucun moment ne cherchent à comprendre le sens de ce qu’il leur arrive. Confrontés à des éléments incontrôlables et extrêmement puissants, qui dévastent la planète et anéantissent la quasi-totalité de l’humanité, jamais ils ne se posent la question : « Pourquoi ça nous arrive ? » ou « Quelle est la raison de tout cela ? » Ils ne se préoccupent que du « comment ? », c’est-à-dire l’aspect matériel et scientifique du problème. Dans cette démarche, tous leurs efforts sont orientés vers la quête d’une solution extérieure qui ne traite qu’une infime partie des effets sans jamais s’attaquer à la vraie cause.
Les personnages restent ainsi figés dans une attitude de survie à tout prix, même au détriment des autres. Les gens au courant de l’imminence de la catastrophe : les hommes d’état, les scientifiques et les milliardaires, n’utilisent ces informations qu’à leur profit. Grâce à leur pouvoir et à leur argent, ils organisent le moyen de se tirer d’affaire et gardent coûte que coûte le secret sur cette opération sauvetage. Le sort du reste de l’humanité n’entre pas dans leurs préoccupations. Au final, seuls quelques milliers d’êtres humains appartenant à une « élite » seront sauvés…
En cela, le film montre qu’il vaut mieux ne pas compter sur les scientifiques et encore moins sur les hommes d’état pour trouver des solutions justes aux problèmes auxquels l’humanité est confrontée. D’ailleurs, l’un des personnages constate que face aux signaux d’alarme donnés par la Terre, la science moderne avec toute sa technologie n’a pas réussi à trouver davantage de réponses que les Mayas avec leur calendrier. Cela laisse rêveur…
Avec un titre pareil, nous étions étonnés que « 2012 » ne donne aucune interprétation sur les évènements astronomiques du 21 décembre 2012. En effet, depuis plusieurs années s’est formée dans le ciel une croix très particulière (qui n’a lieu que tous les 26000 ans) : un des bras de cette croix est tracé par une droite terre/centre galactique et l’autre par une ligne des équinoxes évoluant dans le cosmos au rythme de 1° zodiacal tous les 72 ans. Le 21 Décembre 2012, cette croix unique est accompagnée d’un évènement céleste plus traditionnel, le solstice d’hiver. Ces éléments ne sont mentionnés que très brièvement et ne servent que de prétexte juteux à la production de ce film catastrophe. Ce dernier ne propose aucune explication alors que tous les évènements célestes ont un sens qu’il est intéressant de chercher à comprendre.
Ce film nous donne l’impression que nous ne sommes rien de plus que des pantins soumis à la fatalité uniquement mus par l’instinct de survie. En effet, il nous maintient dans la croyance que face à des catastrophes nous n’avons aucune question à nous poser et que nous ne pouvons rien y faire.
Ce qui nous a semblé catastrophique dans ce film, c’est le manque de remise en question à tous les niveaux. Au passage, il est intéressant de noter que l’étymologie de catastrophe vient du mot grec « katastrephein » et signifie « tourner vers le bas ». En l’occurrence, c’est l’état d’esprit des personnages du film qui est tourné vers le bas, ce qui les maintient dans un rôle de pauvre victime égoïste face à ce qui leur arrive !
Alors dans ce cas, quelle autre attitude pouvons-nous adopter lorsque nous sommes face à une catastrophe ? En ce qui nous concerne, lorsque nous sommes confrontés à une épreuve, à un évènement dramatique, catastrophique à l’échelle de notre vie ou tout simplement dans les moments où nous disons : « C’est la cata ! », nous commençons toujours par nous demander individuellement : « pourquoi ça m’arrive ? » Nous cherchons à comprendre le sens de ce à quoi nous sommes confrontés. A ce moment là, nous ne nous sentons plus victime de la fatalité ou d’un coup du sort, mais nous cherchons à comprendre en quoi nous sommes responsables de ce qui nous arrive pour ensuite changer de comportement.
En faisant l’effort de nous remettre sincèrement en question, sans chercher à rejeter la faute sur autrui ou sur les causes extérieures, nous commençons à comprendre « pourquoi » nous avons attiré telle ou telle situation. Et ensuite, les solutions justes, le « comment », apparaissent progressivement et nous trouvons des opportunités pour les mettre en pratique.
Nous remarquons que tant que nous nous acharnons sur l’aspect extérieur d’un problème, il ne fait que s’aggraver alors que si nous nous concentrons sur l’aspect intérieur, la vraie cause, il se règle d’autant plus rapidement, selon l’ampleur du problème.
De notre point de vue, une catastrophe planétaire comme celle montrée dans le film ne peut pas être le fruit du hasard. Elle est forcément le résultat d’un enchaînement de « catastrophes grandissantes » qui n’ont pas été ni comprises, ni solutionnées…
Pour conclure, un film comme « 2012 » peut aussi nous inciter à devenir acteur à notre niveau en commençant par nous poser individuellement les questions suivantes : « Dans quel monde ai-je envie de vivre ? » « Dans un monde d’amour et de confiance ? » « Dans un monde où règnent l’insécurité et la peur ? » « Dans un monde où les gens sont exploités ? » « Dans un monde où les gens s’entraident et partagent ? » « Qu’est-ce que je peux faire pour devenir le genre de personne que je voudrais rencontrer dans ce monde ? »
Véronique Agranier et John Elstob